Danser pour vivre et vivre pour danser
Celles et ceux qui ne dansent pas et sont étrangers au monde de la danse risquent de ne pas me comprendre. Les autres me comprennent sûrement déjà.
Je reviens de mon cours de danse et je sais que cette année sera différente des 3 années précédentes.
J'ai commencé la danse toute petite et c'est devenu ma passion. Pendant des années j'ai eu la danse en moi. Oui en moi. Je n'ai jamais été exceptionnelle, je ne suis pas un génie de la danse et ce n'est pas ςa qui est en question. On peut être passionné(e) sans être à couper le souffle.
Pendant des années donc j'ai dansé, pour mon plaisir jusqu'à 25 heures par semaine, jusqu'à passer des examens. A chaque cours les mêmes sensations. Rentrer dans la salle, s'échauffer tout doucement avant le début du cours puis sentir ses muscles travailler, sentir sa main glisser sur la barre, sentir ses orteils brosser le sol, sentir ses jambes monter toujours plus haut, tenir ses équilibres, sentir l'ivrese des tours, sentir la force opposée du sol dans les sauts, sentir qu'on s'envole, sentir que l'on ressent quelque chose, sentir que l'on a quelque chose à dire à travers la musique, avec un pas, un mouvement une expression, se sentir libre, se sentir soi, se sentir vivre.
La danse contribue à mon équilibre c'est certain. Je danse pour me sentir vivre et je vis pour danser.
Ce soir, comme autrefois, j'ai ressenti ce plaisir de danser, ce plaisir d'être vivante. Ce n'est pas que je ne me sente pas vivante quand je ne danse pas mais c'est différent. J'avais bien prévenu que les non danseurs risquaient de me trouver bizarre.
Ce soir donc j'ai retrouvé mes sensation d'autrefois. Jamais satisfaite bien sûr car à la recherche de la perfection qui comme chacun sait n'existe pas. Mais n'est-ce pas un bel objectif à atteindre? L'arabesque parfaite, le retiré parfait, la variation parfaite.
Tout cela s'accompagne d'un narcissisme incroyable. Je ne décolle pas mon regard du miroir. Toujours à la recherche de la position parfaite mais aussi pour voir le résultat. Le miroir ami et ennemi qui empêche aussi d'être soi. A se regarder on en oublie d'être spontanée, on en oublie des épaulemets, des ports de tête (en tout cas moi).
Je n'avais plus ressenti cela depuis longtemps. Il y a 7 ans j'ai arrêté le classique pour des raisons que je ne développerai pas maintenant. J'ai repris il y a 3 ans et demi. Petit à petit. Ca m'a fait du bien mais il fallait que le corps retrouve des sensations, se remette en forme et surtout à niveau: fini les variations du répertoire.
Ce n'était pas facile non plus car les cours au Danemark sont rares et chers. 2 écoles dans la ville, la 2eme ville du Danemark. C'est peu.
L'an dernier, l'une des prof s'est installée à son compte et s'est séparée de son associé. J'avais eu des cours surtout avec son associé et peu avec elle. Je voyais pourtant qu'elle enseignait beaucoup mieux. Plus sérieusement. Dans mes cours, les filles arrivaient les cheveux lâchés, en survêt et papotaient pendant le cours. Dans sa classe les filles portaient un justaucorps ou tunique et n'avaient pas les cheveux dans les yeux. Je l'a suivi dans sa nouvelle école. J'aimais le fait qu'elle me corrige souvent mais parfois les cours allaient trés lentement. Disons que le cours supérieur avait un niveau de cours moyen.
Cette année l'école a déménagée dans de nouveaux locaux. Il y a de nouveaux élèves. Cette année, le cours est vraiment un cour supérieur. Je me sens poussée à aller plus loin, à repousser mes limites. Et j'ai un but. je ne danserai sûrement pas comme avant mais j'aimerais pouvoir aborder le répertoire. Ce n'est pas gagné mais c'est un objectif. J'ai retrouvé le goût de la danse et je sens qu'il me donne déjà des ailes.

Par Alice aliceinwonderdanmark, Jeudi 13 Septembre 2007 à 22:37 GMT+2 dans Ballet/Danse (article, RSS)
On pratique toujours la méthode Bournonville. C'est un travail très intéressant des ports de bras et épaulements, un peu déroutant au début mais le style de l'école francaise est très apprécié des danois.






