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La Belle au Bois Dormant par l'Asami Ballet Tokyo

Ce 17 juin dernier, me voilà en plein coeur de Tokyo à la recherche du U Port i Kan I koken Hall, théâtre dans lequel doit se jouer La Belle au Bois Dormant par l'Asami Ballet Tokyo.
Heureusement qu'une japonaise avertie et balletomane m'avait fait parvenir un plan depuis la sortie du train car cette salle ne semble pas être des plus connues. Parmis les 50000 panneaux et pancartes de signalisation qui indiquent tout en japonais ou heureusement aussi en lettres latines, rien ne montre la direction à prendre pour arriver à bon port.

Bon, même sur place je suis sceptique. Ca ne ressemble pas DU TOUT à une salle de spectacle mais la présence de danseuses en herbe au chignon serré et se disputant le titre de la meilleure attitude et glissade me persuade que je suis au bon endroit.

Si le Japon m'a surprise (trés agréablement) par ses bas prix, le ballet semble être encore rattachée à une élite pognonée plus qu'une élite culturelle. 45 euros la place pour la catégorie la moins chère c'est un peu abusé à mon sens. Ca va que je suis là et que c'est Tokyo et que c'est les vacances et que... Enfin ce qui est bien en revanche c'est que j'y vois TRES BIEN de ma place. Je ne suis même pas trop loin. C'est parfait.

Venons-en au ballet. Pour bien connaître les performances des jeunes japonais aux plus prestigieux concours internationaux je m'attendais à voir presque du cirque, en tous cas des quintuples pirouettes, triples fouettés... et bien pas du tout. Mais alors pas du tout. Aurore (Kika Aoyama) n'a même jamais passé un double tour propre. Dans la variation du 1er acte elle s'est même contentée par 2 fois d'une pirouette simple. Les équilibres de l'adagio à la rose sont fragiles, on sent le "ME LACHE PAS!!!!!!!" hurlé en silence à son partenaire. Bref, trés décevant techniquement et pas du tout au niveau international. Le Prince (Yuichiro Kyoto) ne s'en tire pas mieux. J'ai tremblé lors de tous ses tours en l'air.
Pareil pour le corps de ballet qui en plus se voit affublé d'une chorégraphie enfantine, monotone (j'ai eu une indigestion de pas de valse, à toutes les sauces et sur tous les rythmes, même les rythmes non valse  ).

En revanche: des costumes et décors féeriques une vraie splendeur!!!
Et beaucoup de grâce dans la danse.
Malgré tout, cette grâce fait plus concours que performance sur scène. On est à deux doigt du manièrisme.

Autre chose, le bas de jambe des danseuses. Pas de jambes en X et c'est vrai que c'est juste esthétique et que après tout, c'est peut-être juste une mode  mais je n'aime pas. On a  l'impression que leurs jambes sont pliées. Pour du pur classique ca me choque.

Je comprends l'enthousiame des japonais pour les danseurs occidentaux, dont l'ODP. La facon de danser, l'interprétation n'est pas la même. Et le niveau non plus.

Preuve que les petits prodiges aux quadruples tours ne font pas forcement des danseurs hors pair (ou alors hors Japon mais où sont-ils-elles?).

J'ai acheté le dvd de Don quichotte, encore DQ!!! par le Tokyo Ballet, je vous en reparle. Sachez déjà que le niveau est bien meilleur. 

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